Peut être vous êtes-vous déjà demandé, quelle était la bonne intensité d'éclairage pour une lampe de chevet. Car une lampe de chevet, comme l'indique son nom, est plutôt destinée à être installée sur une table de nuit, près du lit, et ainsi à ne pas produire un éclairage trop violent avant le coucher.
A la différence des plafonniers par exemple, qui, placés en hauteur, ont plutôt vocation à éclairer l'entièreté d'un espace de vie de manière assez homogène et neutre, pour pouvoir s'y déplacer confortablement, ou des lampes de bureau produisant un éclairage précis et froid pour favoriser la concentration, la lampe de chevet est conçue pour un éclairage que l'on pourrait presque qualifier d'intime, en illuminant le coin d'une pièce d'une lumière douce et chaleureuse.
Cette lumière de basse intensité (douce), et en général, de "haute température" (chaude), que produit une lampe de chevet, aide à faire la transition vers ce tiers de la vie qui s'appelle le sommeil, ou au contraire, à émerger du sommeil.
Au niveau de ce qui pourrait être nommé le spectre de la conscience, la lumière, douce, que produit une lampe de chevet, serait adéquate pour entrer dans un état se situant entre l'état Alpha, qui est un état de détente, de relaxation, et l'état Thêta, qui est l'état juste avant de sombrer dans le sommeil, ou juste après avoir émergé du sommeil. Brièvement, il existe trois principaux états de "veille", qui sont les suivants:
- Bêta, état correspondant à un niveau de concentration, d'alerte
- Alpha, état correspondant au calme, à la détente
- Thêta, état correspondant à la rêverie, l'imagination
Le quatrième état, qui succède à Thêta, est Delta, et correspond au sommeil. Dans ce quatrième état, la conscience de veille est endormie. L'on peut dire que Thêta est l'état transitoire entre le conscient et le subconscient.
Ainsi en terme d'intensité lumineuse, mais également de température, la lampe de chevet se substitue un peu à l'ancienne bougie qui était allumée lorsque la lumière naturelle venait à faire défaut, avant l'avènement des lampes électriques. En effet la flamme d'une bougie, bien que potentiellement dangereuse, produit un éclairage peu agressif, et même assez apaisant. Un éclairage doux, et chaud, au double sens du terme: chaud dans le sens où la flamme d'une bougie produit de la chaleur, et chaud dans le sens où sa lumière est "chaude", soit de couleur orangée. Les bougies continuent aujourd'hui à être employée, pas tant pour leur capacité d'éclairage, que pour l'atmosphère relaxante qu'elle contribuent à installer dans une pièce.
La bougie est l'un des moyens d'éclairage les plus anciens. C'est la raison pour laquelle la plus ancienne unité de mesure de l'intensité lumineuse porte son nom, la "Bougie".
Aujourd'hui l'unité permettant de mesurer la quantité de lumière émise par une source lumineuse n'est plus la Bougie, mais le "Lumen", dont le symbole est "lm". L'on peut donc dire que le nom de l'unité servant à quantifier la lumière, a évolué en suivant une logique qui est celle de l'évolution technologique : la bougie était l'unité de mesure à l'époque des bougies, le lumen l'est à l'époque des lampes modernes.
Plus précisément, il y eu trois grandes unités de mesure, que sont:
- la Bougie
- le Candela
- le Lumen
Les deux premières, la Bougie et le Candela, mesurent la même chose, à savoir la quantité de lumière émise par une source lumineuse, mais seulement dans une direction précise, non la somme totale. Une ampoule par exemple, émet de la lumière dans toutes les directions. Le Candela, et avant lui la Bougie, ne mesurent pas la lumière qu'émet cette ampoule dans toutes les directions, mais seulement la lumière comprise dans un faisceau. La différence entre le Candela et la Bougie, qui est aujourd'hui obsolète, est que le Candela le fait de manière plus rigoureuse, et est toujours employé aujourd'hui comme unité de mesure.
Le Lumen, qui dérive du Candela, se distingue de ce dernier et de la Bougie en ce qu'il mesure la somme totale de lumière émise par une source lumineuse, et non la quantité émise dans un faisceau.
Il existe une autre unité de mesure, nommée le Lux, dont le symbole est "lx", et qui ne doit pas être confondu avec le Lumen, bien que les noms des deux unités soient proches. Le Lux, ne mesure ni la quantité de lumière comprise dans un faisceau (Candela), ni la quantité de lumière totale (Lumen), d'une source lumineuse, comme une lampe de chevet, mais la quantité de lumière reçue par une surface, comme le chevet sur lequel elle est posée. L'on parle alors d'éclairement. Un niveau d'éclairement se mesurant en Lux.
Afin de mieux comprendre à quoi renvoient exactement ces deux unités de mesure, prenons par exemple, deux surfaces, une feuille A4 et une feuille A3, placées à la même distance d'une même source lumineuse, comme une lampe de chevet. A lumière et distances égales, les deux surfaces devraient avoir des quantités de lux différentes, des niveaux d'éclairement différents. Plus précisément la feuille A3 devrait avoir une quantité de lux moindre que celle de la feuille A4, car sur cette dernière, la lumière doit couvrir un espace moins grand. En effet, le lux est défini par la puissance lumineuse, quantifiée en lumens, divisé par la surface, comptée en mètre carré:
Donc plus la surface est grande, plus elle nécessite de Lumens pour être éclairée, et inversement. Mais ceci doit être nuancé par deux choses.
La première, et c'est là qu'intervient le Candela, est que la quantité de Lumens reçue par une surface, et donc son éclairement, dépendent de la focalisation de la lumière. Concrètement, une surface recevra davantage de lumière en étant éclairée par une lampe torche de 1500 Lumens concentrant l'ensemble de ses Lumens dans une direction, qu'en étant éclairée par une ampoule d'également 1500 Lumens mais qui les répartit dans toutes les directions. Un peu comme l'attention, plus elle est concentrée plus l'on est efficace!
La deuxième est le fait qu'une surface, ou plus concrètement une pièce de vie, n'est jamais correctement éclairée dans l'absolu, elle l'est en fonction de l'activité qui y est faite. Autrement dit lorsque l'on allume une lampe dans une pièce, l'on ne cherche pas forcément à l'éclairer de manière uniforme. On allume une lampe en fonction de l'activité, raison pour laquelle il existe plusieurs types de lampes, et qu'il n'est pas rare qu'une même pièce possède plusieurs sources d'éclairage, chacune ayant une fonction précise.
Pour reprendre l'exemple du plafonnier et de la lampe de chevet, lorsque la lumière naturelle fait défaut, on allume dans une chambre le plafonnier pour s'habiller, ou pour faire le lit, tandis que la lampe de chevet sera à l'inverse utilisée lorsque l'on est dans le lit, pour se détendre.
Ainsi, lorsqu'il s'agit d'éclairer une pièce, ce n'est pas en termes de Lumens, soit en termes de puissance lumineuse, qu'il faut résonner, mais en termes de Lux, puisque l'on cherche avant tout un éclairage précis, en fonction de l'activité, et non une puissance lumineuse. Et comme cela a été dit, l'unité mesurant l'éclairement est le Lux.
En fonction de l'éclairement qui est recherché, qui dépend donc de l'activité, un ordre de grandeur, en Lux, est donc donné. Voici les trois principaux types d'éclairements habituellement recherchés dans un habitat, et leur ordres de grandeur respectifs:
- éclairement d'ambiance -> 100 - 200 Lux
- éclairement standard -> 200 - 300 Lux
- éclairement de travail -> 300 - 500 Lux
C'est seulement lorsque le type d'éclairement est défini, en Lux, que peut être calculée, en fonction de la dimension de la pièce, la quantité de Lumens. En reprenant l'équation précédente, cela donne simplement:
lumens = lux * m²
Très concrètement, dans une chambre de 10 m² par exemple, une lampe de chevet, dont la fonction est de créer un éclairement d'ambiance, devrait donc avoir une puissance d'environ 1500 lumens (si l'on fait une moyenne de 150 lux pour un éclairement d'ambiance):
1500 lumens = 150 lux * 10 m²
Evidemment, des calculs de ce genre servent avant tout de repères, et ne doivent donc pas forcément être respectés à la lettre. Il n'y aura probablement pas de conséquence directement liée au fait que vous utilisiez par exemple une lampe de chevet de 1500 lumens, dans une chambre de 5 m², produisant ainsi un éclairement de 300 lux qui correspond davantage à un éclairement standard qu'à un éclairement d'ambiance. Vous aurez peut être un peu plus de difficulté à entrer en Thêta!
Aujourd'hui lorsqu'une lampe, comme une ampoule, ou un luminaire (lampe + support), comme une lampe de chevet, est acheté, la puissance en lumens (lm), est généralement indiquée quelque part. Dans le cas d'une ampoule, ce peut être sur l'ampoule elle-même, près du wattage (W) et de la température (K), et/ou sur l'emballage. Dans le cas d'un luminaire, la puissance en lumens peut l'être sur l'emballage, ou sur la notice, à condition bien sûr qu'il s'agisse d'un luminaire, dont la lampe n'est pas changeable, mais intégrée, comme une lampe à LED, car il n'y aurait aucun sens à indiquer une puissance dans le cas par exemple d'une lampe à ampoule, pouvant changer d'ampoule, et donc de puissance.
Cela étant, les lampes à LED modernes, sont généralement à température (K) variable, mais aussi à intensité (lm) variable! Les lampes de chevet à LED, permettent très souvent, pour ne pas dire toujours, de régler, par un simple toucher (le LED et le Tactile vont de pair), l'intensité lumineuse afin de l'adapter au mieux à la situation. Il n'est donc plus vraiment nécessaire aujourd'hui, de connaître avec exactitude la superficie de sa chambre en m², et la fourchette, en lux, d'un éclairement d'ambiance, avant d'acheter une lampe de chevet, en veillant bien à ce que la puissance en lumens de celle-ci divisée par la superficie de la chambre donne bien entre et 100 et 200 lux! Même les lampes de chevet, dont l'intensité n'est pas réglable, comme c'est souvent le cas des lampes à ampoule, possèdent en général, à défaut, un abat-jour permettant d'ajuster la luminosité. Au passage, le fait que l'intensité lumineuse d'un luminaire à LED soit réglable, permet de déduire que lorsque se pose la question du nombre de lumens pour une lampe de chevet, cela renvoie probablement au choix d'une ampoule pour une lampe de chevet à ampoule.
Les lampes de chevet à LED, permettent donc d'ajuster l'intensité de l'éclairage, mais aussi fréquemment la couleur de celui-ci. Une couleur d'éclairage nommée "température", et mesurée en Kelvins. Contrairement à ce que pourrait laisser penser le nom et son unité de mesure, il ne s'agit évidemment pas de température réelle, mais simplement de couleur, car l'on parle de couleur "chaude", de couleur "froide", et d'un entre-deux, auxquels correspondent ces fourchettes:
- lumière chaude, entre 1800 et 2700 K
- lumière neutre, entre 3000 et 4000 K
- lumière froide, entre 5000 et 6500 K
Contrairement aussi à une intuition que l'on pourrait avoir, ces différentes "températures" ne sont pas directement liées à la puissance en lumens, et par conséquent, aux lux. C'est à dire que dans une même pièce, une lumière chaude, se situant entre 1800 et 2700 K, avec une intensité de 800 lumens, produira toujours plus d'éclairement qu'une lumière froide, entre 5000 et 6500 K, mais avec une intensité de 500 lumens, malgré le fait que la lumière chaude puisse paraître plus "douce".
Un paramètre à prendre en compte dans l'éclairement d'une pièce, est donc celui du ressenti. De la même façon que la sensation de froid ou de chaud est accentuée par la présence d'humidité dans l'air, la sensation d'éclairement est accentuée lorsque la lumière est froide, et diminuée lorsque la lumière est chaude. Ceci est clairement un indicateur que lorsqu'il s'agit de créer l'ambiance adéquate, il ne faut pas s'en tenir aux nombres, aux équations, il faut aussi se fier à son ressenti!